Aujourd'hui, retour à la SF, autour du thème de la vie artificielle et de la réalité virtuelle alternative, avec Everyone in Silico de Jim Munroe, ouvrage datant de 2002.
Vancouver, 2036. La ville se vide petit à petit de ses habitants, qui disparaissent un à un, famille par famille, dans une sorte de répétition d'exode rural. La destination, cette fois : une autre ville, mais virtuelle, Frisco. Cette réalité alternative est un univers maintenu et organisé par des intelligence artificielles, et une corporation géante, Self. La vraie ville de San Francisco a elle été détruire par un tremblement de terre auparavant, et sa réplique virtuelle est devenu une sorte de pays de cocagne, le nouvel eldorado, the place to be, à la fois pour ses loisirs, sa retraite, sa vie professionnelle.

Bien évidemment, tout le monde n'a pas les mêmes privilèges, et, selon le package choisi pour émigrer dans le virtuel, ses habitants sont plus ou moins harcelés par les pubs, spams, et autres joyeusetés du web moderne... L'humanité virtuelle change, évolue.
Nous suivons tout d'abord ceux qui sont restés dans cette ville qui se vide, ceux qui organisent une sorte de combat utopique pour une ville différente, une ville qui va retrouver un côté sauvage. D'autres sont à la recherche des leurs, car reste une question : que deviennent les corps qui rêvent de ceux qui choisissent d'émigrer à Frisco, et d'entrer dans le rêve virtuel. Personne ne le sait réellement.
Everyone in Silico a des petits côtés Cyberpunk, mais subtiles, raffinés. Le génie génétique est déjà has-been. La réalité virtuelle est en passe de ne plus l'être, mais d'être la seule qui compte réellement. Un côté Post-cyberpunk, donc, une société qui change radicalement. L'humour n'est pas absent du livre, certains côtés absurdes - et pourtant tellement plausibles - de Frisco sont excellents.
Autant l'annoncer directement, je n'ai pas trouvé le livre simple d'accès, et j'ai eu un peu de mal à y retrouver mes petits. La faute tout d'abord à l'édition du livre : pas de distinction claires des sections, et donc des changements de points de vue ou de personnage suivi. Je ne sais pas si c'est un choix de l'auteur ou un problème de l'édition électronique, mais changer du coup de point de vue sans s'en rendre compte immédiatement est déroutant, et complique certains passages. Autre chose : l'intrigue est touffue et met un certain temps à mettre en place tous les personnages, avant enfin, petit à petit, de faire se tisser les liens et relations entre eux, et de faire progresser l'histoire par petites touches de divers points de vue.
Par contre, une fois lancé, une fois le tout ficelé, et la cohérence révélée, le livre devient passionnant. Il vaut la peine de s'accrocher !
De l'auteur, je ne sais que peu de choses. Canadien, il a auto édité ses livres dans la maison "No Media Kings" après avoir visiblement été lassé et avoir quitté les maisons d'édition classiques. Je laisse wikipedia parler pour moi.
Je pense que je vais tâcher de lire autre chose de Jim Munroe pour me faire une idée plus fouillée. Le livre est trouvable en format papier ici ou sous format électronique sur feedbooks par exemple.








Aujourd'hui, pour ce premier billet, j'aimerai profiter de l'occasion pour parler d'un livre que j'ai lu il y a quelques semaines et qui est fort à propos, Little Brother, de Cory Doctorow (son